La compostière et la recette
Description: La Ville organisait deux animations sur le compostage, le 22 novembre, en ouverture de la Semaine européenne de la réduction des déchets.
« Quand ça sent mauvais, c’est qu’on n’a pas les bons ingrédients ou que la recette n’est pas connue. »
Jean-Marie Savino, de l’ASBL bruxelloise « Environnement Eco Circulaire », a animé deux ateliers sur le compostage, le 22 novembre dans les infrastructures de notre service Travaux, à l’occasion de la Semaine européenne de la réduction des déchets. Quelque 35 habitants de notre ville les ont suivis, avec l’ambition de se lancer ou dans le but d’améliorer leur façon de procéder pour les déjà initiés (la moitié des participants).
« Le broyat de branches est un ingrédient fondamental. Un volume de déchets alimentaires fragmentés, mélangés à ½ volume de broyat, ajoutez de l’eau et de l’air, c’est la recette! »
La touche du chef : on saupoudre le tout de broyat. Garanti sans odeur !
L’animateur s’est fait un plaisir de répondre aux questions et de démonter les idées reçues qui paralysent de nombreux candidats. Les rats ? « Si ça sent, c’est journée portes ouvertes, ils viennent. ». Les agrumes ? « Tous les fruits sont compostables, les peaux de bananes aussi, il faut les fragmenter pour accélérer la décomposition. » Non bio ? « Le compostage a cette qualité de décomposer toutes les molécules, dont celles de pesticides. » Les cendres de bois ? « Directement sur le jardin, pas dans le compost. Une poignée/m²/an… donc, pas toujours au même endroit. » Les coquilles de moules/ d’huîtres (NDLR : bientôt Noël !) : « Un collègue breton les emballe et roule dessus avec sa voiture, ça permet de les broyer. » Les vers de terre n’aiment pas l’ail ? « C’est peanuts au milieu des autres déchets, ils adorent le café ! » Et les serviettes en papier colorées ? « Compostables également. »
Ils en avaient des questions, nos habitants !!!
Le b. a.-ba
Après la théorie, la pratique. Les participants avaient été invités à emporter leurs déchets alimentaires. Jean-Marie Savino a vidé les poubelles dans un grand récipient pour s’assurer de leur qualité - oups, un emballage de Pom’Potes au milieu des épluchures de patates ! - et les a fragmentés à l’aide d’une bêche bien aiguisée. On enlève bien sûr les étiquettes et les élastiques.
« C’est important d’avoir les bons outils mais pas nécessaire de se ruiner. Je recommande d’installer la compostière sur une grille anti-rongeurs placée directement sur le sol du jardin, quelques dalles peuvent aussi faire l’affaire. Pas directement devant la porte de la maison, pas trop loin non plus sinon vous n’irez jamais ! »
Nos habitants ont trouvé que ça sentait bon les agrumes (il y en a même un qui a suggéré d’y ajouter du vin et de la cannelle, ho ho ho !). Ils ont découvert l’utilité de la tige d’aération et du brasse-compost. Quand la compostière est à trois-quarts pleine, après quelques mois, il est temps de récupérer l’or brun-noir. On ouvre la compostière et découvre la lasagne. La partie du dessus (non encore décomposée) est disposée sur une bâche avant de retourner dans la compostière. Le compost peut être utilisé dans le potager, répandu au pied des arbres, des haies ou sur l’herbe, ajouté dans les jardinières/pots de plantes vertes... Bonjour jolis petits vers rouges de Californie !
« Au plus vous mettez du compost, au plus votre sol est vivant. Le terrain est nourri, il y a plus de vers de terre, le sol est meuble, moins compact. »
31 compostières offertes
Les participants sont repartis enchantés, avec un fascicule reprenant les principes du compostage, une grande compostière « fût » et une tige pour mélanger les déchets. Un beau cadeau de la Ville afin de leur donner l’élan nécessaire pour se lancer.
« Je composte déjà, à l’aide d’une poubelle dans laquelle j’ai fait des trous, j’aère avec un manche de brosse », explique la Limelettoise Jocelyne Virgo. « On m’avait dit poids pour poids de broyat, j’ai appris ici que c’est de trop. »
Karin Pierre, du Blanc-Ry, voulait se renseigner avant de s’y mettre. C’est chose faite ! « Quelle bonne initiative de la Commune ! J’ai entendu les témoignages des autres habitants et constaté qu’il y avait beaucoup d’erreurs. Je vais essayer de respecter la recette enseignée. C’est le bon moment, car les ouvriers ont coupé des arbres dans ma rue et laissé le broyat. Avec la compostière que nous avons reçue, j’ai tout ce qu’il faut. »
Paul Dubois, de Mousty, avoue qu’il compostait « comme un branquignol » ! « J’ai été très intéressé par les explications et le démontage des idées reçues. Quand c’est fait systématiquement et régulièrement, ça ne demande pas tellement d’efforts. »
Après cette séance d’information, la Néolouvaniste Sidonie Maissin reconnaît que son compost ressemblait à une accumulation de déchets. « J’avais des notions assez vagues, ce « refresh » des bonnes pratiques était nécessaire. En hiver, il fait noir, on fait un peu tout n’importe comment. Ce cadeau de la Ville va me donner de l’énergie pour faire les choses bien. »
« On faisait déjà un compost, mais à la sauvage. Je vais rentrer et expliquer tout ça à la famille, en espérant être aussi convaincante que l’animateur », déclare Amandine Stinglhamber, du Vieux Bruyères. « Le tout est d’être organisé, d’avoir un sac de broyat à proximité… ça m’effraie un peu mais on fera de son mieux. Rendez-vous dans six mois pour apprécier le résultat ! »
(MCD – 01/12/25)