Conseil du 26 mars 2024
La séance du 26 mars était essentiellement consacrée au Plan Communal d’Aménagement Révisionnel (PCAR) du Douaire.
La séance débute avec une minute de silence en souvenir d’Albert Ska, qui fut conseiller communal de 1995 à 2001 et de 2004 à 2005, avant de devenir échevin jusqu’en 2006. L’échevine Annie Galban-Leclef (PS) rappelle ses nombreuses qualités (NDLR : nous nous souvenons également de sa bienveillance) et son implication dans les associations patriotiques, la fabrique d’église de Limelette, les CA de la crèche « Les Petits Loups de la Sapinière et du Bauloy », de l’académie de musique, du centre sportif de Blocry… Au fond de la salle, les proches d’Albert Ska apprécient.
Le président Cedric du Monceau (Avenir) partage une citation de Victor Hugo qui lui a été suggérée par des habitants d’Ottignies : « Etre bon est facile, ce qui est difficile c’est d’être juste ».
La bourgmestre Julie Chantry (Ecolo) annonce la démission de Benjamin Barbier (Ecolo) au Conseil de l’Action Sociale, pour raisons de santé (il sera remplacé par Laurence Tassenoe). Après quoi, elle demande d’approuver la convention sous seing privé (qui équivaut à un compromis) à conclure en vue de l’acquisition de l’ancien bâtiment du cadastre à l’avenue Paul Delvaux (Ottignies). C’est là que la police devrait s’installer, après réaménagement des locaux.
Le conseiller Nicolas Van der Maren (OLLN2.0-MR) rappelle la position de son groupe (lire le compte rendu du Conseil du 19/09/23 dans l’OLLN Info n°245 de décembre 2023) : certes il faut avancer, mais il est inconfortable de devoir se prononcer alors que le dossier ne comporte aucune évaluation chiffrée des travaux qui seront nécessaires.
La bourgmestre annonce que la Ville vise un standard assez haut en matière d’isolation. Elle reviendra prochainement avec des chiffres et le projet d’acte. La vente effective n’interviendra qu’en octobre, puisqu’un bail locatif court jusqu’au 30 septembre.
Deux conseillers s’abstiennent, les autres votent pour.
NDLR : le 28 mars, nous apprenons que le compromis a été signé, pour 5.800.000€.
PCAR du Douaire
Le gros point de ce Conseil concerne l’adoption définitive du Plan Communal d’Aménagement Révisionnel du Douaire. Ce PCAR, qui deviendra un SOL (Schéma d’Orientation Local), couvre une zone de 26 hectares, qui comprend les sites du Douaire et des anciens Bétons Lemaire, ainsi que la rue du Monument (et les anciens Ets Decoux). Les espaces actuellement en zones d’activités économiques au Plan de secteur ne correspondent plus aux besoins actuels. Ce sont désormais des chancres industriels, que la Ville souhaite urbaniser… comme la Wallonie l’encourage (renforcer les centralités pour limiter l’étalement urbain et réduire l’artificialisation des terres). Pour ce faire, une modification du Plan de secteur est nécessaire.
Des habitants de la rue du Monument sont présents dans le public, curieux de savoir s’il est toujours question d’expropriations pour permettre la création d’un 2e accès au futur quartier qui sera développé par Matexi sur le site des anciens Bétons Lemaire.
L’échevin de l’Urbanisme Benoît Jacob (Avenir) rappelle les différentes étapes du dossier. Il s’agit de se doter d’une vision d’avenir pour revitaliser le centre d’Ottignies « qui le soir est mort, à l’exception des environs du SPOTT » : redynamiser la fonction commerciale (il n’est toutefois pas question de détruire la galerie du Douaire), reconfigurer la zone des parkings du Douaire (conserver le même nombre d’emplacements, mais plutôt en silo), prévoir de nouveaux équipements (une nouvelle école, par exemple), reconquérir la Dyle en élargissant son lit (ce qui permettra de canaliser l’eau plus longtemps en cas d’inondations), encourager l’usage des modes de déplacement « doux » (prévoir une trame verte cyclo-piétonne, avec un passage sous le chemin de fer), construire des logements pour les familles et les aînés, des logements unifamiliaux, des logements sociaux… « Tout ne sera pas fait demain ! »
S’agissant des expropriations, la Ville renvoie le promoteur à ses responsabilités : c’est à lui de trouver une solution pour créer le 2e accès nécessaire afin de désenclaver le quartier qui sera développé sur le site des anciens Bétons Lemaire. L’échevin évoque le dossier Samaya (projet d’urbanisation près de la gare, à Limelette), pour lequel le promoteur est parvenu à un accord avec les habitants de la maison qu’il devra raser pour réaliser la voirie. « Le Collège n’octroiera aucun permis d’urbanisme tant qu’il n’y aura pas deux entrées et sorties pour le futur quartier d’Ottignies ! »
La bourgmestre Julie Chantry rappelle que le projet est en réflexion depuis 9 ans et a fait l’objet d’une phase de participation citoyenne.
Le conseiller Jacques Otlet (OLLN2.0-MR) regrette cet empressement soudain à l’approche des élections communales, alors que des questions fondamentales restent ouvertes. Il demande le report du vote tant que la Ville ne dispose pas d’une étude hydrologique intercommunale (pour évaluer les risques d’inondations dans la vallée de la Dyle) et que n’a pas été concrétisée la recommandation de ses deux Plans de mobilité, à savoir, la création d’une voirie de liaison entre la RN275 et la RN25, pour désengorger la RN237. « Nous nous opposerons fermement à toute procédure d’expropriation pour la création d’une voirie qui aboutirait à la rue du Monument. »
Le conseiller Xavier Liégeois (Kayoux) a l’impression que la Ville se décharge de ses responsabilités en laissant au promoteur le soin de négocier avec les habitants (ceux-ci ne seront-ils pas lésés ?). Il regrette le peu de temps laissé aux conseillers (une semaine) pour étudier ce dossier qui comprend des centaines de pages.
Le conseiller Nicolas Van der Maren remarque qu’il y a des choses extrêmement intéressantes (les trames verte et bleue, la redynamisation du commerce…) et qu’il faut avancer, mais il est interpellé par les manquements relevés par la Commission Consultative d’Aménagement du Territoire et de Mobilité CCATM (absence d’étude hydrologique, plans de mobilité à revoir). Il semble en outre percevoir une différence d’avis entre la bourgmestre et l’échevin, au sujet des expropriations. Il interroge Julie Chantry au sujet d’un mail qu’elle a envoyé personnellement aux riverains de la rue du Monument.
La bourgmestre répond qu’elle a écrit aux riverains pour leur expliquer pourquoi il n’y aura plus de plan d’expropriation dans cette version définitive, celui-ci ne pouvant plus - selon les règlements en vigueur - faire partie de la même procédure que le PCAR. Elle leur a indiqué que le Collège communal souhaite vivement qu’une solution à l’amiable soit trouvée avec le développeur du projet, afin que chacun s’y retrouve au mieux. Si un accord n’est pas trouvé, il reste une possibilité de mettre un Plan d’expropriation sur la table. « Ce n’est pas le cas aujourd’hui. » La bourgmestre annonce par ailleurs que la Wallonie a programmé de faire réaliser une étude hydrologique globale sur tout le bassin versant de la Dyle, ce dont la Ville se réjouit. Cette étude recommandera sans doute de réaliser des aménagements en amont d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, car il y a peu de possibilités de réaliser des aménagements de la Dyle sur le territoire de notre commune.
L’échevin de la Mobilité Hadelin de Beer de Laer propose une envolée lyrique sur les raisons de voter ce projet, à la suite de quoi le conseiller Nicolas Van der Maren lui suggère de faire du « stand-up ». L’échevin partage une vision de la ville à la campagne à laquelle il adhère : la ville où tout est atteignable dans le quart d’heure, ce qui permet d’aller partout en mode doux. « Construire là amènera moins de voitures que si les gens construisent ailleurs mais doivent quand-même venir là pour le travail, l’école, les loisirs… »
Le président Cedric du Monceau regrette le temps qu’il a fallu pour aboutir à ce PCAR : « Il faut créer une ville désirable. Aujourd’hui, Ottignies se meurt, on ne peut pas attendre ! Ayons de l’audace, avec prudence… »
Le débat se conclut par un vote majorité contre opposition (4 contre et 5 abstentions, les autres votent pour).
SNCB, GCV
En fin de séance, à l’initiative de l’échevin de la Mobilité, les conseillers votent à l’unanimité une motion qui sera adressée à la SNCB (le ministre fédéral de la Mobilité en copie) pour lui demander de revoir les horaires des trains vers Louvain-la-Neuve, afin de garantir une meilleure correspondance avec les trains IC en provenance de Bruxelles, Namur et Liège. Depuis la mise à quatre voies, beaucoup de navetteurs manquent malheureusement leur correspondance parce que le train pour Louvain-la-Neuve n’attend plus les IC en retard.
L’échevine du Commerce Nadine Fraselle demande de renouveler le contrat de gestion (qui courra jusqu’en 2026) avec la Gestion Centre-Ville (GCV). Elle présente le rapport 2023 des activités de celle-ci, ainsi que différents subsides à son intention (pour son fonctionnement, la gestion du marché hebdomadaire de Louvain-la-Neuve, l’organisation d’actions dans le cadre de Louvain-la-Plage, le financement des missions des stewards/ouvriers urbains polyvalents…) pour un total de près de 80.000€.
(MCD - 2/04/24)