Une chaufferie bois à Ottignies
Description: L’hôtel de ville, les bâtiments B1 et B2 de l’administration communale et du CPAS, le centre culturel SPOTT et l’école communale du Centre sont désormais chauffés avec des déchets verts !
Les élèves de l’école communale d’Ottignies sont incollables sur le système de chauffage des bâtiments qui abritent leurs classes.
Le 3 octobre - à l’occasion de l’inauguration des deux nouvelles chaudières bois installées dans un ancien garage du centre culturel SPOTT - ils ont raconté aux journalistes comment les radiateurs de leur école (mais aussi ceux de l’hôtel de ville, des bâtiments B1 et B2 de l’administration communale et du CPAS, et le centre culturel) sont désormais chauffés au départ de déchets de bois broyés et séchés.
« Ils ont visionné un petit film de 4 minutes pour comprendre comment ce système de chauffage fonctionne », explique la directrice de l’école Magali Van Dorschot. « Aujourd’hui, ils viennent découvrir les deux chaudières et le silo rempli de plaquettes de bois. »
Un jeu, à l’aide de photos - il s’agissait de classer les différentes étapes du processus - a permis aux invités de constater que les enfants avaient bien compris la technique !
A Céroux déjà
C’est la coopérative Coopeos qui a remporté le marché (pour l’installation du système, la maintenance, les dépannages, l’approvisionnement en bois et l’organisation d’actions de sensibilisation à la transition énergétique, pendant 8 ans). Elle s’est engagée en outre à chercher à optimiser les consommations, dans le but de les réduire.
Coopeos avait déjà remporté un marché similaire pour l’installation d’une chaufferie bois à Céroux (qui alimente l’école, la salle des fêtes, le restaurant et la cure). Une collaboration dont l’échevin en charge des Bâtiments et de l’Energie Abdel Ben El Mostapha se dit totalement satisfait. « On a été pionniers à Céroux et on n’a pas eu de maladies. Coopeos maîtrise parfaitement le système ! »
Et pour cause : la chaufferie du centre d’Ottignies est la 45e de Coopeos en Wallonie et à Bruxelles, la 17e en Brabant wallon, la 5e à Ottignies-Louvain-la-Neuve (après celles de l’école Notre-Dame de Mousty, de la place de Céroux, du centre neurologique William Lennox, d’un privé). Deux s’ajouteront l’année prochaine, à l’école de Blocry et à la résidence du Moulin du CPAS (Ottignies).
Réduction de 80% des émissions de CO2
L’ancien garage du centre culturel abrite les deux chaudières bois de 180kW et les deux ballons de stockage d’eau chaude ; le local voisin, le stock de plaquettes de bois (un silo d’une capacité de 160m³), qui sera approvisionné chaque mois (voire plus souvent pendant la saison froide). On estime la consommation à 250 tonnes de bois/an (qui remplaceront environ 133.000 litres de gaz). Un camion déversera les plaquettes dans une trémie extérieure à partir de laquelle un ventilateur les soufflera dans le silo !
Les chaudières sont autrichiennes, ultra performantes et entièrement automatisées (la programmation permet de chauffer chacun des bâtiments en fonction de ses besoins propres). Elles sont gérées par Coopeos à distance, ce qui permet à la coopérative d’intervenir très vite en cas de panne, avant même qu’il y ait un impact sur le chauffage.
« Les deux nouvelles chaudières remplacent neuf chaudières au gaz. Elles permettront de réduire les émissions de CO2 de 80% », se réjouit l’échevin. « Nous voulons montrer à la population que nous faisons des efforts pour atteindre l’objectif que nous nous sommes fixé en signant la Convention des Maires en 2016. »
L’installation a coûté 1 million d’euros et bénéficié de divers subsides.
Local et social
Le bois est issu de l’économie circulaire, locale et sociale.
« Nous avons un partenariat avec l’intercommunale In BW qui gère un gros volume de déchets de jardin. Nous avons créé l’an dernier une autre coopérative, Coopebois, qui transforme ce déchet local directement sur les sites de l’in BW, pour en faire des plaquettes de bois de qualité », précise Caroline Lambin, cofondatrice de Coopeos. « Nous travaillons également avec le Moulin de la Hunelle, une entreprise de travail adapté située près de Ath, qui s’occupe d’entretien de parcs et jardins. Il n’y aura donc aucun souci d’approvisionnement et la facture sera beaucoup plus stable dans le temps. »
Les cendres produites seront récupérées et valorisées par un partenaire de Coopeos spécialisé dans l’amendement des sols à destination des agriculteurs : elles retourneront à la terre ! Excellente nouvelle, car c’est aussi un objectif de notre Ville, de tendre au zéro déchet.
Pour l’installation de la chaufferie, les travaux de génie civil et la menuiserie ont été confiés au Centre d'Insertion Socio-Professionnelle AID Val de Senne. C’est qu’il a fallu concevoir un nouveau réseau hydraulique de 60 mètres !
Enfin, le contrat prévoit que Coopeos mène des actions de sensibilisation à la transition énergétique. C’est fait pour les élèves de l’école communale ! Nos habitants, eux, pourront découvrir la nouvelle chaufferie à l’occasion de la Fête de la Pomme, le 20 octobre, à 11, 14 et 16h (sans inscription, rendez-vous à la Ferme du Douaire (sous le chapiteau, dans la cour), où la coopérative tiendra un stand).
(MCD – 3/10/24)