Deux villes, une police
Description: Wavre et Ottignies-Louvain-la-Neuve ambitionnent de fusionner leurs zones de police. Pour un meilleur service sécuritaire aux citoyens. L’opération nécessitera une année de préparation.
« L’ambition première n’est pas de réduire les coûts mais de rendre un meilleur service policier aux habitants. Si cela permet de faire des économies - vraisemblablement - nous en serons très heureux. »
Notre bourgmestre Nicolas Van der Maren et le bourgmestre faisant fonction à Wavre Benoît Raucent ont rencontré la presse, le 15 octobre, pour présenter aux journalistes leur intention de fusionner leurs zones de police mono/uni-communales, dans le cadre du nouveau contexte légal fédéral qui le permet (sur base volontaire pour toutes les zones du royaume, imposée à Bruxelles). Avant une séance d’information programmée le soir au palais du gouverneur, à l’intention des conseillers communaux.
« On n’était pas obligé de réunir les Conseils. Depuis l’adoption de la loi de mai 2026, les compétences relatives à l'organisation, à la gestion et aux décisions de la police locale sont du ressort des Collèges de police », explique Nicolas Van der Maren. « Nous avons souhaité échanger avec les conseillers communaux dans un souci de transparence, pour donner plus de chance de succès à l’opération. Parce qu’on considère que le projet dépasse les majorités actuelles. »
Le gouverneur Gilles Mahieu était présent, ravi de ce qu’il considère comme la fusion « la plus évidente » en Brabant wallon. Ce sera la première dans la province (la première en Wallonie depuis la nouvelle loi sans doute), il espère qu’il y en aura d’autres. La plupart des chefs de corps semblent ouverts à la discussion, ce qui n’est pas le cas de tous les bourgmestres, a-t-il précisé.
Evidente, parce que - outre leurs territoires limitrophes - les deux villes présentent beaucoup de similitudes (32.000 (OLLN) et 35.000 habitants (Wavre), pour un cadre de police d’environ 120 effectifs chacune) et au niveau des équipements, sont complémentaires pour ce qui les différencie (la zone de Wavre dispose de caméras de surveillance et de drones ; celle d’OLLN, d’une Unité CAO d’appui aux opérations, de bodycams…).
Un mariage fort, qui se jouera sur pied d’égalité : chaque commune aura le même pouvoir décisionnel.
Une opportunité
Une analyse « Swot » menée pendant plusieurs mois par les deux chefs de corps a conclu à une opportunité à saisir, pour les deux zones.
« Nous avons notamment constaté que la fusion permettra d’ajouter une 5e patrouille sur le terrain sans devoir engager de personnel supplémentaire, alors que chaque zone n’a que deux patrouilles actuellement (14 ETP chacune) pour couvrir 24h/24, 7j/7 », illustre Benoît Raucent. « Nous serons plus robustes lors des grands événements (24Heures vélo, Coupe du monde de hockey…), capables de maintenir les services non directement concernés (aide aux victimes…) en parallèle. »
En plus des économies d’échelle (un seul Plan zonal de sécurité à réaliser, le matériel mutualisé…), la fusion permettra une dotation plus importante de l’Etat fédéral (qui favorise les grandes zones plutôt que les petites).
« On ne rêve pas d’une super zone déconnectée du citoyen », ont partagé les bourgmestres. « La nouvelle loi renforce l’obligation de proximité : un inspecteur de quartier pour 2000 habitants (auparavant, un pour 4000). »
Les policiers seront accompagnés dans le changement même si, pratiquement, la fusion ne devrait pas modifier beaucoup le quotidien des équipes (l’inspecteur de Céroux restera inspecteur à Céroux !). Il y aura bien sûr des concertations avec les syndicats.
« Les policiers seront libérés de leurs obligations par rapport à la zone qui les emploie, s’ils veulent bouger », précise Nicolas Van der Maren. « Je n’ai pas entendu de crainte particulière, nos policiers s’inquiètent surtout de l’état lamentable de leurs locaux actuels ! »
Janvier 2028
Le gouverneur a énuméré les étapes de la fusion : envoi d’un même signal (de la part des deux Collèges de police) au ministre de l’Intérieur et à la ministre de la Justice, suivi d’un 1er Arrêté Royal. Après quoi, organisation pratique de la fusion (inventaire, répartition des hommes et des moyens…) pendant un an (un prolongement de 6 mois est possible). Un 2e Arrêté installera définitivement la zone (on programme son lancement en janvier 2028), un 3e portera sur la dénomination, un 4e sur la représentation syndicale…
Le nom, oui ! Rien n’a encore été décidé mais les bourgmestres y réfléchissent déjà. « On pourrait travailler sur la Dyle, qui réunit nos deux villes… », avance Nicolas Van der Maren.
(MCD – 16/10/26)