Première expérience de travail salarié
Description: Pour 38 jeunes engagés dans le cadre d’Eté solidaire.
Chaque année, notre Ville engage des jobistes dans le cadre de l’opération Été solidaire initiée et cofinancée à 50% par la Wallonie. Cette année, 38 jeunes (de 15 à 21 ans) découvrent une première expérience de travail ces mois de juillet et août.
« Nous les avons sélectionnés parmi une quarantaine de candidats, en veillant à la mixité fille/garçon et la mixité sociale », explique l’échevin de la Jeunesse Benoît Jacob. « Ils travaillent pendant 10 jours ouvrables, dans les infrastructures de la Ville/du CPAS ou de leurs partenaires : le centre sportif CSLI, Notre Maison, la Ferme équestre, le Cercle d’histoire, Horizons neufs, l’AMO La Chaloupe, la Régie des quartiers, le Centre Nerveux, les potagers des quartiers… »
L’échevin et l’équipe du service de Cohésion et Prévention sociales de la Ville essaient de tenir compte des souhaits des jeunes, pour les répartir dans les différents lieux d’emploi.
« Ceux qui aiment le contact avec les personnes âgées sont envoyés à la Résidence du Moulin, ceux qui aiment les animaux vont à la Ferme équestre… Cela dépend aussi de quand ils sont disponibles. S’il s’agit d’aménagements dans les quartiers, nous essayons que ce soient des jeunes du quartier qui les réalisent, afin de garantir leur respect dans la durée. »
Cette initiative vise non seulement à impliquer les jeunes dans l’embellissement des quartiers, mais aussi à développer le sens de la citoyenneté et de la solidarité vis-à-vis des personnes défavorisées ou en difficulté, à favoriser les liens intergénérationnels, à valoriser ou renforcer l’image des jeunes vis-à-vis d’eux-mêmes et des publics qui bénéficient de leur travail…
« La Région paie 8,30€/heure et la Ville ajoute un complément, pour faire un peu plus de 14€/heure. »
Un kiosque de jardin
Le 31 juillet, l’échevin de la Jeunesse s’est rendu au Bauloy pour apprécier le travail effectué par Camil Bellal, Manal Nasri et Aymane Zarki à hauteur de l’agoraspace de l’avenue des Vîs Tchapias. Pas du tout bricoleurs au départ, ces trois jeunes ont construit un kiosque de jardin en bois de 5,50m x 3,60m, sous la supervision de l’éducateur de rue Mustafa Kabuh.
« En cas de pluie, les jeunes du quartier qui fréquentent l’agoraspace, le terrain de basket et les modules de « street workout » (NDLR : pour la musculation) ont pris l’habitude de s’abriter dans l’espace couvert de L’Aquarelle, cet immeuble qui propose cinq logements solidaires à des personnes cérébro-lésées », explique le représentant de notre service de Cohésion et Prévention sociales. « Ce n’est pas l’idéal vu le bruit occasionné, la fumée de cigarette… Nous avons donc eu l’idée de faire construire un abri extérieur par et pour les jeunes. L’immobilière publique IPB nous a octroyé le terrain situé en face de L’Aquarelle. »
Les trois « ouvriers » n’ont pas chômé ! Il a fallu commander le matériel (payé par la Ville, pour un montant total d’un peu plus de 3000€), le réceptionner lors de sa livraison, le compléter par des pièces collectées au service Travaux-Environnement de la Ville, visualiser la construction dans l’espace, décrypter les plans, creuser les trous pour y planter la structure, fabriquer du béton/mortier, monter deux bancs de pique-nique à partir de pièces détachées, manipuler marteaux, visseuses, pelles, pinces, échelles, brouettes…
« J’ai bien aimé », reconnaît Camil, « ça va me servir dans la vie. »
« Il a fait tellement chaud le 30 juillet : 31° sur le temps de midi, quand nous creusions les trous, la terre était sèche », se souvient Aymane. « Heureusement l’entente était bonne ! »
Manal a tout fait comme les garçons. Il paraît que son béton était le meilleur de tous !
Lorsque nous les avons rencontrés, ils devaient encore monter et fixer le toit de l’abri : une opération délicate, qu’ils allaient d’abord effectuer sur la rue. Objectif : inauguration le 2 août !
Apprentissage complet
Une première expérience de travail appréciée, et un beau petit salaire à la clé ! Camil l’utilisera pour voyager en Thaïlande l’hiver prochain, Aymane pour se payer les vêtements dont il rêve, et Manal pour offrir des cadeaux à ses parents.
Benoît Jacob évoque un apprentissage complet : un emploi nécessite d’arriver à l’heure, de se fixer des objectif journaliers pour arriver au résultat convenu en fin de contrat, de se répartir la tâche… « Il nous est arrivé de devoir mettre fin à certains contrats parce que les jeunes n’arrivaient pas à se lever le matin. C’est l’apprentissage du monde du travail et de ses exigences. »
(MCD 31/07/24)