Des gens derrière le sac
Description: Derrière le sac bleu, il y a toute une chaîne de gens courageux qui travaillent au tri des emballages PMC. Le personnel communal a pu s’en rendre compte en visitant l’usine Valtris de Couillet le 1er octobre.
L’odeur… et les mouches !
Quelque 22 membres du personnel communal, deux représentants du Collège et six commerçants de la Dalle de Louvain-la-Neuve ont été marqués par leur visite à l’usine de tri Valtris de Couillet, le 1er octobre.
Ils avaient répondu favorablement à l’invitation de l’éco-team de la Ville (qui travaille cette année sur le thème du zéro déchet), curieux d’en apprendre davantage sur le circuit emprunté par les sacs PMC (bleus) collectés à Ottignies-Louvain-la-Neuve entre autres.
« Nous recevons les déchets de l’In BW (Brabant wallon), BEP (Namur), Tibi (Charleroi), également du Limbourg… une population d’1,7 million d’habitants », a expliqué le guide du jour Philippe Noël. « L’usine trie 2 sacs bleus/seconde, 5 jours/semaine, 24h/24 : 50.000 tonnes de déchets/an. Il y a 3km de bandes transporteuses. 80% de ce que nous trions est recyclé en Belgique, le reste ne quitte pas l’Europe. »
Les visiteurs ont pris conscience de l’importance des petits gestes : retirer les films des barquettes (même si les deux se recyclent, ce n’est pas la même filière), écraser les bouteilles dans le sens de la longueur (sinon les machines ne les reconnaissent pas), enlever les films qui entourent les bouteilles (peu le font)…
« Surtout, vider les emballages des restes alimentaires », a imploré le guide. « Je suis effaré par l’ampleur du gaspillage : les bouteilles de soda arrivent à moitié pleines, les lasagnes ne sont mangées qu’en partie, nous recevons des cartons complets de yaourts non-ouverts… Les restes alimentaires sont la cause de l’odeur, des mouches, des rats... Les voisins s’en plaignent. Nous faisons tout ce qui est possible de notre côté, en sensibilisant les enfants des écoles de Charleroi, en proposant des visites aux groupes, en traitant le site, en faisant même venir un fauconnier pour effrayer les nuisibles… mais l’effort doit se faire dès la maison. »
Musée des horreurs
Les visiteurs ont compris le message, ils le feront passer à leurs collègues, connaissances… et aux habitants (NDLR : c’est fait, on compte sur vous !). Ils n’ont pas pu constater la rapidité avec laquelle le personnel (plus de 100 personnes) travaille, car l’usine était à l’arrêt à cause d’une machine en panne sur la bande de tri.
« C’est ennuyeux car les déchets ne cessent jamais d’arriver. Il y a différentes causes possibles, notamment des déchets qui ne devraient pas se trouver dans les sacs bleus, les films plastiques industriels par exemple (ceux qui entourent les palettes) : ils sont tellement longs qu’ils bloquent la chaîne. On trouve de tout : des piles, briquets, clés USB, couteaux, fourchettes, ceintres, sèche-cheveux, jouets, récipients remplis d’urine ou d’aiguilles, animaux morts… un musée des horreurs ! Le travail de trieur est éprouvant. A la vitesse où ça va, plonger sur une aiguille représente un risque, même avec tous les gants de sécurité dont nous disposons. »
Le trieur reste 2h au tapis sans quitter son poste. Les déchets défilent à toute allure, la machine ne s’arrête pas. Il faut avoir la vue et l’agilité d’un lynx pour repérer et éjecter les intrus.
« Il s’agit de le faire bien, car la qualité du tri est contrôlée par une usine extérieure. Elle est de 95% ici. »
Triés, les déchets sont compactés en ballots de 250 à 600kg. Seize fractions différentes, pour autant de filières de recyclage. Ce sont les cartons à boissons qui pèsent le plus lourd.
« Les bouteilles en plastique sont séparées en fonction de leur couleur, blanche, bleue ou verte, les entreprises de recyclage exigent la matière la plus pure possible. Les bouteilles blanches transparentes traversent la rue : elles sont recyclées sur notre site par la société Filao qui en fait des pellets pour fabriquer de nouvelles bouteilles. On ne peut pas faire plus proche ! »
Peur de l’incendie
La visite a aussi permis d’observer des tuyaux installés un peu partout dans l’usine, pour amener de l’eau en cas d’incendie. Car oui, il y a eu/ il y a des incendies.
« Ce sont des frais qu’on aurait pu éviter si les citoyens triaient correctement. Mais on retrouve encore trop souvent des bombes à retardement dans les sacs : des appareils électroniques, des contenants sous pression, des jouets avec des piles dedans… On en a peur. »
N’oubliez pas
- Le sac bleu accueille uniquement des emballages (plastiques, métalliques, cartons à boissons) à usage unique. Pas des jouets en plastique, pas des bics en plastique, pas des seaux en plastique…
- Les emballages peuvent être sales mais doivent être vides.
- Les barquettes de viande, poisson… ne sont pas de la frigolite mais du plastique soufflé : elles vont dans le sac bleu mais il faut enlever le film qui a absorbé le jus de viande/de poisson pour éviter l’invasion d’insectes dans l’usine de tri.
- Les poches de boisson « Capri-Sun » ne sont pas les bienvenues dans le sac bleu car elles sont composées de plusieurs matériaux (plastique + aluminium), ce qui les rend non-recyclables.
- N’imbriquez pas les déchets les uns dans les autres, les machines ne pourront pas les reconnaître.
- Têtes de mort sur l’emballage : ce qui n’est pas bon pour vous n’est pas bon pour les ouvriers de l’usine.
- Si vous n’achetez plus d’aliments suremballés, ils ne seront plus produits !
(MCD – 2/10/26)