Le lac, un bassin d'orage mis à sec tous les 5 ans
Le lac de Louvain-la-Neuve est une étendue d'eau de 5 hectares, creusée à l’initiative des étudiant·es bioingénieurs de l’UCLouvain en 1984. Conçu comme un bassin d'orage, le lac récolte les eaux de pluie de la cité universitaire, qui dispose de son propre réseau d'égouttage, et permet d’éviter les inondations en aval de la ville.
A la fin du mois de novembre 2009, le lac de Louvain-la-Neuve s'est vidé de ses 85 000m³ d'eau pour la première fois depuis sa construction. Le but de la manœuvre était d’épurer les eaux du lac, de le nettoyer et d'en réaménager les abords. En effet, un examen de l'indice biotique a révélé la piètre qualité et le caractère fortement pollué des eaux du lac.
Cette vidange du lac est dorénavant répétée tous les 5 ans environ.
> Au total en 2009, 13 tonnes de poissons d'espèces différentes ont été recueillis dans le lac avant sa première mise à sec !> Une autre pêche fructueuse et pour le moins insolite fut celle des déchets : on retrouva au fond du lac vélos, motos, cadres de vélomoteurs, boîtiers DVD, coffre-fort, revolvers, caddie de supermarché, panneaux de signalisation et autres déchets divers...
Une vidange pour booster la biodiversité
L'objectif de l'UCLouvain est clair : renouveler la végétation aquatique et booster la biodiversité.
La vidange et la mise en assec d’un plan d’eau est indispensable pour maintenir sa bonne santé. Cette opération s’inscrit dans une démarche de gestion durable de notre campus et des espaces naturels dont il est composé,
explique Lilly Gillet, Chargée de mission Biodiversité à l'Administration du Patrimoine immobilier.
L'eau du lac laisse la place à de la mousse et des algues. La vase au fond du lac met 12 mois pour se regénérer entièrement à l’air libre, soit un cycle complet de saisons, passant par le gel et les fortes chaleurs, nécessaires pour permettre aux graines, qui étaient jusqu’alors en « dormance », de germer grâce à l’apport d’oxygène. Durant cette période, la vase va se minéraliser et libérer les nutriments nécessaires à la croissance des plantes aquatiques.
Les graines de plantes subaquatiques contenues dans la vase vont germer et former petit à petit un pré fleuri qui devrait être visible du mois de mai au mois de septembre. Cette technique de minéralisation de la vase est basée sur la patience, elle était déjà utilisée par les Cisterciens au 11e siècle ! Pour limiter l'impact des polluants, on place devant les arrivées d'eau de pluie des rochers pour ralentir le courant et des zones de lagunage, composées de plantes filtrantes et oxygénantes.
Des travaux de nettoyage et restauration
- Cet assec offre l’opportunité de restaurer les berges du lac et les mares de la zone écologique située au bout du lac.
- Il rend également possible l’inspection et la mise en place d’une série de travaux techniques sur les ouvrages hydrauliques (gestion du flux de sortie d’eau du lac).
- Les eaux pluviales de Louvain-la-Neuve sont envoyées directement dans le lac, au niveau de zones de lagunages. Ces zones sont restaurées et nettoyées des boues et sédiments apportés par les eaux de pluie.
Le lac, une zone de détente
Lorsque la végétation est à maturité, les vannes sont refermées. Deux semaines sont nécessaires pour remplir à nouveau le lac, selon l’intensité des pluies.
Cette opération permet d’améliorer la biodiversité du lac et de rendre ainsi les lieux le plus agréable possible pour les promeneur·euses et autres ornithologues, qui se déplacent des 4 coins de la Belgique pour admirer la faune et la flore très riche, grâce notamment à cette opération de mise en assec du lac.