Pour réduire la fracture numérique
Affichage pour les mal voyants

Apprendre - 20.02.2020 - Marie-Claire Dufrêne

Notre Ville a donné l’opportunité à ses habitants d’acquérir 100 ordinateurs d’occasion (disponibles suite au remplacement du matériel informatique à l’administration communale), pour contribuer à la réduction de la fracture numérique. Les bénéficiaires se sont engagés à suivre 4h de formation à l’Espace Publique Numérique (EPN).


L’opération « 100 ordinateurs contre la fracture numérique » lancée fin 2019 est un succès : la Ville a reçu 117 candidatures d’habitants, 99 ont été jugées recevables.

« Chaque ménage qui a demandé un PC va l’obtenir », se réjouit Steve Evrard, responsable du Plan de cohésion sociale de la Ville. « Nous avons écarté les candidatures qui émanaient de plusieurs membres d’un même ménage, d’habitants d’autres communes, d’associations… et les candidatures arrivées hors délai. Les bénéficiaires proviennent de tous les coins de la commune : 33 de Louvain-la-Neuve, 29 d’Ottignies, 22 de Céroux-Mousty et 15 de Limelette, soit une distribution équitable, car représentative du nombre d’habitants dans les différentes entités de la ville. »

Les ordinateurs étaient disponibles suite au remplacement du matériel informatique à l’administration communale. Plutôt que de les jeter, il a été décidé d’en faire profiter les citoyens, au prix de 25€ le kit (tour avec processeur I3, licence Windows 10 avec des logiciels libres pour le traitement de texte, d’image, tableur et utilitaires, écran, clavier, souris, diverses applications, ainsi qu’une carte d’accès à l’Espace Public Numérique (l’EPN, au bd Martin) donnant droit à 10h de formation).

Notre service Informatique a effectué un gros travail pour nettoyer les machines et s’assurer de leur bon fonctionnement. Un seul PC a dû être écarté.

« Les bénéficiaires se sont engagés à suivre 4h de formation à l’EPN, l’occasion de revoir toutes les bases de l’informatique et de se faire expliquer le fonctionnement des logiciels. Ce n’est qu’après avoir effectué la formation qu’ils pourront repartir avec le matériel. Les formations ont commencé au début février, pour des groupes de chaque fois 6 personnes. »

Mise en valeur de l’EPN

L’échevin en charge du Numérique Philippe Delvaux se félicite de cette action en phase avec la volonté du Collège d’accélérer la transition et de créer du lien social. Elle a mobilisé de nombreux services de la Ville, aux côtés des membres du Conseil consultatif du Numérique.

« Après avoir été bien utilisées par la Ville - 8 ans - les machines reviennent à ceux qui les ont payées, via leurs impôts. C’est un juste retour. C’est aussi une belle mise en valeur de l’EPN : quand on sait que les citoyens peuvent bénéficier de 10h de cours d’informatique pour 5€, il est dommage qu’ils ne soient pas plus nombreux à en profiter. Certains ont découvert l’existence de l’EPN grâce à notre action des 100 ordinateurs. »

Philippe Delvaux évoque aussi la volonté de lutter contre la fracture numérique. L’époque force les gens à faire leurs paiements et déclarer leurs impôts en ligne, ce qui n’est pas évident pour tout le monde. Certains arrivent à l’EPN avec leur déclaration, incapables de la compléter en ligne.

« Le formateur veut bien les aider, mais c’est une grosse responsabilité ! Il ne faut pas qu’on l’accuse après d’avoir mis un zéro de trop ! »

20% des Wallons « fracturés numériques »

L’Agence du Numérique a réalisé un baromètre de maturité numérique des citoyens wallons. Il en ressort que 84% des ménages wallons disposent au moins d’un ordinateur, 90% sont connectés à Internet, 76% ont au moins un smartphone. A côté de ceux-là, 8% ne disposent d’aucun terminal (ni ordinateur, ni tablette, ni smartphone).

« Internet est essentiellement utilisé pour lire ou envoyer des mails, rechercher des informations, utiliser les réseaux sociaux… mais l’e-commerce est de plus en plus présent: 9% en 2002 pour 61% en 2019 », constate André Delacharlerie, expert de l’Agence du Numérique.

L’Agence a mesuré les compétences numériques des Wallons, ce qui lui a permis de constater qu’un tiers de la population ne dispose que d’un minimum de compétences, et que 20% des Wallons peuvent être qualifiés de « fracturés numériques ».

« Les fracturés numériques sont majoritairement des femmes (61%), des personnes de plus de 60 ans (70%), qui ont un diplôme d’études secondaires ou plus (49%) et un revenu satisfaisant voire confortable (62%). »

Ils constituent la cible prioritaire des actions semblables à celle menée par notre Ville avec ses « 100 ordinateurs ».
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