Seniors disparus : pas une minute à perdre
Affichage pour les mal voyants

Seniors - 07.05.2015 - Marie-Claire Dufrêne

Les représentants de notre zone de police et de trois résidences d’Ottignies (Le Colvert, Le Chenoy et Malvina) ont signé un protocole d’accord avec le parquet de Nivelles et la cellule Disparition de la police fédérale, le 7 mai.


Que faire en cas de disparition d’un senior (atteint de démence) ?

« Il est potentiellement en danger de mort, aussi vulnérable qu’un enfant perdu », constate le commissaire David Rimaux, responsable de la cellule Disparition de la police fédérale.

Chaque minute qui passe est une minute de trop. Il faut coordonner les efforts de recherche, pour retrouver l’égaré le plus vite possible. Dans cette optique, les représentants de notre zone de police (le commissaire divisionnaire Maurice Levêque et l’inspecteur principal Stéphane Famerée) et les responsables des résidences d’Ottignies Le Colvert (Marie-Pauline Wauters), Le Chenoy (Aurélie Verdonck) et Malvina (Alexandre Dobbelaere) ont signé un protocole d’accord avec le parquet de Nivelles (la substitute Pamela Lonfils) et la cellule Disparition de la police fédérale, le 7 mai au palais de justice de Nivelles.

Aux côtés des représentants de Waterloo et de Braine-l’Alleud.

« Nous signons aujourd’hui les trois derniers protocoles. Les autres zones les ont déjà signés, depuis le lancement du projet en 2013 et les premières signatures au sein de la zone de police de Nivelles, pilote », a constaté Pamela Lonfils. La magistrate de référence pour les disparitions inquiétantes s’est dite consciente de l’investissement que cela représente, pour les forces de police et les responsables d’institutions. Ces derniers sont chargés d’établir des fiches individuelles précises, avec des photos, pour chaque personne qu’ils accueillent. En cas de disparition, ils ont une procédure à respecter : fouiller le bâtiment et ses alentours, avant d’envoyer la fiche à la police, après maximum 20 minutes de recherches.

« C’est la qualité de vos fiches et du suivi de la procédure qui font qu’on gagnera les minutes qui sont déterminantes pour retrouver les seniors disparus. »

Un disparu tous les deux jours

Les disparitions de seniors ne sont pas rares. La cellule Disparition de la police fédérale en a totalisé 674 pour la période 2010-2014, soit 10% du total des disparitions.

« Cela représente une disparition de personne âgée tous les deux jours », constate le commissaire David Rimaux.

Heureusement, la plupart sont retrouvées vivantes. Mais parfois, c’est le drame. Quelle tristesse, ce papy retrouvé mort dans quelques centimètres d’eau, à côté d’un hôpital de Bruxelles…

« Les personnes âgées démentes buttent toujours sur le même obstacle. Elles s’épuisent peu à peu. On en retrouve parfois au milieu de la route, inconscientes du danger », explique l’inspecteur principal Stéphane Famerée.

L’histoire du « vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire » à la maison de retraite et s’échappe par la fenêtre pour vivre de formidables aventures est une fiction. Dans la réalité, quand ils partent, ils ne savent généralement plus qui ils sont ni où ils se trouvent.

« Une de nos pensionnaires s’en va tous les 3-4 jours. Il y a bien un code à la porte d’entrée, mais elle profite des allers et venues des visiteurs pour se faufiler », raconte Marie-Pauline Wauters, du Colvert. « J’ai mis un avis sur la porte, pour prévenir les familles, mais il suffit d’un moment de distraction. Sans compter les accès fournisseurs, ouverts en journée. »

Prévention

Les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer sont de plus en plus nombreuses. Il n’y a pas assez de structures « cantou » (fermées) pour les accueillir. Elles sont alors hébergées dans des résidences ouvertes, avec le risque que cela comporte de les voir fuguer.

« Je ne suis pas favorable au cantou. On isole les gens, c’est terrible », remarque Aurélie Verdonck, du Chenoy, la seule structure à proposer une section fermée (une quinzaine de lits) dans notre ville. « Il nous est arrivé de conseiller l’achat d’une montre GPS aux familles. Elle permet de localiser la personne en cas de disparition. »

L’inspecteur Famerée s’est rendu dans toutes les résidences d’Ottignies-Louvain-la-Neuve (y compris celle de Lauzelle, qui devrait bientôt signer le protocole, elle aussi), pour donner des conseils de prévention : installation de caméras… A la suite de quoi, la directrice du Chenoy a décidé de clôturer les abords du parking, vu le dénivelé du terrain.

Chez Malvina, on se félicite de la situation de la maison de retraite, dans un quartier résidentiel. « Un senior qui s’égare est rapidement repéré par les voisins », constate Alexandre Dobbelaere. « Une seule fois, nous avons retrouvé une pensionnaire sur les rails du chemin de fer, à proximité de la gare. Elle était autonome physiquement mais n’avait plus sa tête. Nous n’avons pas pu la garder, c’était trop dangereux. »

Un lieu de vie sécurisé

La présidente de la Ligue Alzheimer Sabine Henry assistait à la signature, le 7 mai. « Il ne s’agit pas de restreindre la liberté des personnes âgées, d’en faire des détenus au sein de vos institutions, mais de leur garantir un lieu de vie sécurisé. Cela fait partie de la qualité du service que vous proposez aux familles. »

Elle a plaidé pour que le protocole bénéficie aussi aux personnes atteintes de démence qui disparaissent au départ de leur domicile.
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