Comptes rendus
Le compte rendu de la séance du 10 janvier 2012.
La séance débute avec la prestation de serment de Bernard Liétar, qui remplace Christian Tilkin sur les bancs de la minorité.
Après le vote du budget 2012 de la zone de police (pour lequel la quote-part communale augmente de 600.000€, charge salariale oblige, pour atteindre 5,4 millions), les conseillers entendent l'échevin des Finances leur présenter le budget 2012 de la Ville. David da Camara évoque le contexte : la progression des deux impôts additionnels (IPP et précompte immobilier deviennent les principales recettes de la Ville), la légère hausse du fonds des communes, le contexte économique morose (les taux bas, l'index qui va voir augmenter les dépenses de personnel...) ; du côté des dépenses, l'augmentation de la dotation non seulement de la zone de police, mais aussi du CPAS (+124.000€, pour atteindre 3,8 millions) ; et assure que le Collège a veillé à réduire les dépenses de fonctionnement. Il énumère quelques nouveaux accents (en matière de mobilité, jeunesse, petite enfance, culture, politique sociale...) mais précise cependant que " ce n'est pas un budget baroque, électoraliste, mais bien de continuité ".
Le budget ordinaire (36,1 millions) présente un déficit de 741.000€. " Malgré ce déficit de 2% à l'initial, je crois que le compte sera positif, puisqu'on réalise généralement notre budget à 97% ", rassure l'échevin, qui ajoute que le boni global est de 1,8 million.
A l'extraordinaire, les prévisions atteignent un peu plus de 31 millions, avec des emprunts à contracter pour 9 millions. Mais tous les projets ne se réaliseront pas cette année. Le nouveau bâtiment administratif à la voie des Hennuyers verra bien le jour en 2012 (de même que la construction d'une nouvelle salle des mariages à côté de l'hôtel de ville, l'aménagement des pourtours du lac de Louvain-la-Neuve, la poursuite du chantier de l'avenue des Combattants du côté de la rue Lucas, la création d'un nouveau terrain de rugby à l'av. Baudouin 1er ...) ; en revanche, la reconstruction de l'école de Lauzelle sera reportée en 2013.
La minorité critique le budget. " Trop de montants sont inférieurs à ce qu’ils devraient normalement être budgétisés ", remarque Michel Tournay. " Le prix des carburants ne cesse d’augmenter et vous diminuez pourtant ce poste. Vous réduisez aussi le montant prévu pour l’entretien des bâtiments scolaires... alors que nous avons hérité d’une nouvelle école (La Croix). " Le conseiller s’étonne que rien ne soit prévu pour l’installation de caméras de surveillance, la navette interquartiers et l’octroi de " chèques sports ". Il ne comprend pas que la dotation au CPAS soit augmentée alors le compte du centre est en boni. Bernard Liétar s’interroge au sujet de la cotisation prévue pour le financement des pensions des fonctionnaires. André Piron s’indigne au sujet de l’augmentation des emprunts : " La gestion libérale de 1994 à 2000 a permis de faire passer l’endettement de 26 à 23 millions ; votre gestion l’a fait remonter de 23 à 36 millions : soit plus 55% ! "
L’échevin du Budget reconnaît qu’il n’est pas impossible que certains montants soient revus à la hausse en cours d’année, mais les chiffres proposés s’appuient sur le compte précédent et sont donc fiables. Il estime qu’il aurait été malvenu de refuser la demande d’augmentation de la dotation au CPAS, vu la qualité de la gestion de celui-ci (en 6 ans, c’est la première fois que la dotation augmente). Quant à l’augmentation de la dette : " Les dépenses de dette n’ont jamais été aussi basses (15% des dépenses), vu la faiblesse des taux. Dans les années 90, réduire la dette était bien la chose à faire, les taux d’intérêts étaient à 10% ! Notre ville se développe, ce n’est pas le moment d’avoir une politique craintive par rapport à l’emprunt. Nos choix sont autant d’investissements durables et équitables, au service de la collectivité. "
Le bourgmestre Jean-Luc Roland considère que l’installation des caméras de surveillance n’est pas d’actualité. Le projet de navette interquartiers a été abandonné : ce service " à la marge " aurait coûté un prix fou (" avec 150.000€/an, on peut faire beaucoup mieux en matière de mobilité "). Jeanne-Marie Oleffe fait remarquer qu’à l’inverse de la Ville, le CPAS ne peut pas présenter un budget en négatif. Annie Galban insiste : avec l’aide apportée à deux clubs de football en difficulté et la réalisation programmée de deux nouveaux " agoraspaces ", le sport est loin d’être lésé. Il n’y a plus de chèques sport mais le CPAS propose d’aider les personnes nécessiteuses qui souhaitent pratiquer un sport. Jacques Benthuys précise que les classes de La Croix, pimpantes, se trouvent dans un bâtiment qui est toujours la propriété de la Communauté française. Il ne comprend pas qu’on puisse refuser l’augmentation de la dotation au CPAS, dans l’une des villes les plus riches de Belgique. Benoît Jacob ajoute que les travaux d’isolation réalisés dans les écoles permettront d’en diminuer les charges énergétiques.
Jacques Otlet intervient à son tour, pour rappeler la mise en garde - lors du vote du budget 2011 - du secrétaire communal, inquiet de la dégradation du solde à l’exercice propre et de la masse des emprunts à contracter. " Le Collège persiste dans sa malgouvernance et continue à prévoir des emprunts qui pèseront lourd pour les générations futures. Quand on a la chance de voir ses recettes augmenter régulièrement par le dynamisme et les investissements des concitoyens - 30% de plus dans les caisses grâce à l’IPP, c’est de la ponction fiscale ! - soit on diminue les impôts, soit on constitue des réserves, soit on combine les deux, soit on dépense à due concurrence voire même au-delà. Bien sûr, c’est ce dernier choix, le plus mauvais, que vous avez privilégié, pour contenter tous les membres de la famille. " Le conseiller Hadelin de Beer s’étonne de cette allusion à l’année précédente. A ce moment, les investissements annoncés étaient effectivement très élevés, l’échevin du Budget avait prédit qu’ils ne seraient pas tous engagés. Aujourd’hui, les chiffres confirment les prédictions de l’échevin. Il n’y a donc pas de raisons de crier à la catastrophe, la dette est bien maîtrisée. Il constate que si les habitants apportent des recettes à la Ville via les impôts, ils bénéficient aussi de nombreux services. Cedric du Monceau et Jacques Benthuys remarquent que notre ville est l’une des communes les moins taxée de Belgique. Jean-Marie Paquay constate que la part du budget consacrée aux fonctions qualitatives (social, éducation, culture) reste stable. " Ce n’est certainement pas là qu’il faut aller chercher des économies ! L’éducation de base est une priorité pour une commune et il est normal d’aider nos concitoyens qui sont dans le besoin. "
Avant de voter le budget, les conseillers doivent se prononcer sur une cinquantaine de subsides. Bernard Liétar regrette les intitulés de plusieurs d’entre eux, qui prévoient d’accorder les subventions alors que le budget n’est pas encore voté : " C’est illégal ! ", dit-il. " Nous pouvons seulement voter pour l’inscription des crédits. " Le bourgmestre Jean-Luc Roland regrette cette intervention qui aurait toute sa place en commission technique mais met surtout en cause le qualité du travail des services administratifs. Il parle de " pinaillerie administrative ", alors que chaque année ces points sont votés et acceptés par la tutelle. Le Premier échevin Cedric du Monceau regrette que le conseiller tout juste installé se fasse « l’ambassadeur de cette administration tatillonne qui empêche d’aller de l’avant ».
Pour avoir juré obéissance aux lois du peuple belge, la minorité n’en démord pas. Elle propose un amendement pour la plupart des points, afin d’en modifier les intitulés. Amendements à chaque fois rejetés par la majorité... avant le vote sur chacun des points tels qu’inscrits à l’ordre du jour (certains conseillers de la minorité les approuvent, d’autres s’abstiennent).
Le budget est voté en fin de séance : la minorité s’abstient.




