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Famille - Spiritualité - 16.10.2018 - Marie-Claire Dufrêne

L’intervention de Sophie Saporosi, le 11 octobre au Musée L, a secoué les journalistes venus y découvrir l’exposition «BienvenUE». Quelque 47 artistes parlent d’errances, de blessures ou d’espoirs au sein du drame humain en cours dans le détroit de Gibraltar. L’Europe doit-elle devenir une forteresse ou un lieu de rencontres et de dialogues ? Jusqu’au 20 janvier, à Louvain-la-Neuve.


L’artiste belgo-italienne Sophie Saporosi invite les journalistes à déchirer les têtes en papier qu’ils découvrent en-dessous de la table. Pour les aider, il y a des outils : paire de ciseaux, marteaux… « Allez-y ! Il y a 85 têtes, vous ne sortirez pas d’ici tant qu’elles ne sont pas toutes cassées ! On s’est dit que pour les réfugiés, il faut trouver une solution. » Certains s’exécutent, d’autres refusent. La tension est palpable. L’artiste questionne : «Qu’est-ce qu’un migrant, pour vous ? On m’a dit «Les journalistes viennent». C’est quoi, les journalistes ?»

Avec sa programmation de tables rondes et visites, l’exposition « BienvenUE » (jusqu’au 20 janvier au Musée L) est un espace d’échanges culturels et humains sur le thème de la ligne migratoire Sud-Nord.

Quelque 47 artistes européens et africains (sinEangulo, autour du Belge Charley Case) témoignent de cet enjeu sociétal. Les œuvres - peintes, sculptées, assemblées, photographiées, filmées, chantées, performées… - interpellent le visiteur comme citoyen européen et habitant du monde.

« Cette exposition nous demande de laisser nos réflexes, nos habitudes, nos discours sur l’art, nos convictions, nos représentations et nos croyances au vestiaire », annonce la directrice du musée Anne Querinjean. « Un musée sacralise les œuvres d’art. Ici, c’est un art vivant, engagé. Nous sommes dans une énergie de la création. Nous avons dû revoir notre manière de fonctionner, nos horaires… Nous avons été emportés, bouleversés, par cette aventure collective.»

Trois espaces de questionnement

Dans la grande salle qui accueille les expositions temporaires, Charley Case présente une installation «Barco Iris», sorte de barque renversée. Son ossature en bois est posée sur des chaussures mêlées à des objets trouvés dans un cimetière de pateras, ces bateaux que les migrants utilisent pour traverser le détroit de Gibraltar. Les côtes du bateau-corps deviennent la voûte d’une cathédrale de fortune. Sur les murs, une fresque «Apatrie» reprend les noms de personnes dont on a retrouvé le corps en Méditerranée. Les visiteurs peuvent inscrire d’autres noms avec de l’ocre : la liste des migrants décédés est longue.

Dans un second espace, une tente «Muzoo» rassemble les témoignages poétiques des artistes, faits d’objets rencontrés en chemin de migration.

Un « cinéma nomade » complète ces témoignages et présente des installations vidéo, films et documentaires d’artistes.

«BienvenUE» est en lien avec le thème retenu par l’UCLouvain pour son année académique 2018-2019 («Louvainternational»), le thème d’UCLouvain Culture «Habiter le monde» et le travail de l’artiste en résidence Bénédicte Liénard.

« L’Université doit éveiller notre esprit critique, exercer notre raison et notre sensibilité. La fonction de l’art poursuit les mêmes objectifs. »

Après Louvain-la-Neuve, cette exposition sera présentée en Espagne et au Maroc.

www.museel.be
Entrée gratuite chaque 1er dimanche du mois.
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